De l’écologie au greenwashing

15 Fév

À partir des années 1960, l’écologie et la protection de l’environnement deviennent des préoccupations internationales et vont parfois se politiser. Ainsi, l’écologisme est une pensée politique qui a pour ambition d’agir concrètement en faveur de la protection environnementale, avec une volonté de réguler l’exploitation des ressources, et qui se sert des études scientifiques écologique pour orienter ses actions. Elle s’est surtout développée dans la seconde moitié du XXe siècle au travers des mouvements activistes et partis politiques, et a aidé, plus ou moins directement, à l’émergence d’une prise de conscience générale des enjeux écologiques.

Cependant, cela a aussi amené une certaine récupération du concept d’écologie, souvent employé de manière superficielle comme argument commercial ou démagogique. On parle alors d’éco-blanchiment ou de greenwashing. Il s’agit en fait d’un procédé marketing utilisé par une organisation – aussi bien une entreprise qu’un gouvernement – qui cherche à renvoyer une image «  écologiquement bonne  ». Il y a ici l’idée d’arranger les faits afin d’apparaître socialement ou environnementalement responsable aux yeux du public. Avec l’avènement du développement durable, ce procédé tend à se multiplier, tant au niveau commercial que politique.
Prenons un exemple de greenwashing aux conséquences néfastes : les sacs dits biodégradables par photodégradation ou par oxydation. Au contraire des sacs réellement biodégradables en amidon et donc compostables, ces sacs contiennent des additifs composés de métaux lourds et/ou de dithiocarbamates toxiques et polluants qui fragmentent le sac, le transformant en microparticules susceptibles d’entrer dans la chaîne alimentaire sans qu’on en connaisse la toxicité. Le sac semble bien avoir «  disparu  », s’être dégradé, mais on voit bien ici que les fabricants jouent sur les mots et n’intègrent à aucun moment l’idée principale de la biodégradation : décomposer en éléments dépourvus d’effets dommageables sur le milieu naturel.

Il y a presque une forme de cynisme dans la récupération ici du concept de « biodégradable ». Pour autant il n’est pas toujours aussi facile de déceler la part de greenwashing volontaire, de la pure et simple maladresse ou méconnaissance. Nous sommes encore au début de notre compréhension du cycle de vie des objets, de la complexité des interactions entres les substances chimiques et de ce que serait une société humaine parfaitement biocompatible… De manière générale je pense que chaque pas qui se veut sincèrement un pas vers la transition écologique, est un pas à accompagner. Nous ferons des erreurs, mais nous apprendrons et avanceront d’autant plus.

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