Transhumanisme et M. Starck

7 Juin

Je regardais il n’y a pas longtemps le documentaire d’arte Le futur par Starck, dans lequel différents intervenants évoquent notre possible futur, sous les yeux émerveillés du célèbre designer. La critique du transhumanisme et des OGM est clairement trop peu soulevée, mais qu’on aime ou qu’on n’aime pas, c’était intéressant à regarder pour se faire une idée et se rendre compte de la fascination que suscite les cyborgs et autres « mutations artificielles ».
On notera quand même une apparition du superbe Jean-Claude Ameisen, de Vandana Shiva et de Jérémy Rifkin.

Mais au fait, le transhumanisme c’est quoi ?

Il s’agit d’un mouvement culturel et intellectuel international prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer les caractéristiques physiques et mentales des êtres humains. Il considère le handicap, la souffrance, la maladie, le vieillissement ou la mort comme des aspects de la condition humaine inutiles et indésirables. L’idée étant d’être totalement indépendant de la biosphère, afin de vivre sans les contraintes que nous impose cette nature en laquelle nous ne nous reconnaissons pas.
C’est un mouvement assez critiqué internationalement, mais qui reconnaît cependant lui-même ses possibles dérives.
Pour Jean-Michel Besnier, agrégé de philosophie et docteur en sciences politiques : «  la technolâtrie est le symptôme de cette fatigue d’être soi, diagnostiquée par les sociologues depuis Alvin Toffler dans les sociétés hypertechnologisées. Plus nous nous sentirons impuissants et déprimés, plus nous serons tentés de nous tourner vers les machines ».*
Cette attitude ressemble donc à une fuite en avant, là où une autre voie serait de chercher à se reconnecter avec le monde et adopter le fonctionnement du vivant, comme un animal parmi d’autres. Pour le biomimétisme, qui adopte cette dernière, continuer à se détacher de notre milieu, à penser que nous serions mieux dans un monde artificiel, c’est en quelque sorte nous transformer en un étranger dans notre propre maison.

Cependant, j’avoue qu’il est éthiquement difficile de refuser à une personne tétraplégique de retrouver sa mobilité grâce à l’usage d’une machine, et qu’en effet il ne me vient pas à l’esprit de traiter de cyborg une autre qui aurait un implant cochléaire… Serait-ce donc une question de limites ? et qui les fixerait alors ?

*Jean-Michel Besnier, « Les nouvelles technologies vont-elles réinventer l’homme ? », revue en ligne Études, vol. 414, n°6, juin 2011.
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