Archive | août, 2014

Biomiméticiens de coeur

18 Août

La reine rouge m’aurait-elle rattrapée au point de plus avoir le temps d’écrire ? Ou ai-je moins besoin depuis quelques temps de développer mon analyse du biomimétisme, préférant l’appliquer…

Le biomimétisme est de ces démarches qu’on appréhende au début comme une gamme de solutions techniques et utilitaires — et elle l’est assurément –, puis comme le descriptif d’un terrain de jeu aux règles flirtant par moment avec le dogme. Il m’aura fallu du temps pour mieux la digérer, laisser de côté les querelles de partisans et juste laisser s’appliquer au sein de mes projets les changements de manière de penser/faire s’étant ancrés chez moi.

Je le dis souvent, fondamentalement, pour les designers, il s’agit de bien faire les choses et peut-être que le biomimétisme aide à dessiner les contours, certes toujours flous, de ce bon.

Aussi au sein de notre collectif nous attaquons — ou du moins j’attaque — les projets en me demandant moins si c’est du biomimétisme ou non, mais en choisissant simplement de travailler sur ceux où nous nous retrouvons, sur lesquels on s’accorde, sur ceux qui nous font vibrer, vibrer instinctivement, en misant sur le fait que cet instinct s’est empreint de bio-inspiration.
Ainsi notre habileté à juger de la justesse d’un travail s’est-elle teinte d’une « couleur biomimétique » que nous cherchons moins à définir, et qui se renforcera d’elle-même tant que nous continuerons à nous sentir inclus sur Terre. Nous faisons au mieux en fonction des ressources que nous avons au moment du projet, tout en gardant sur un coin de papier les possibilités idéales promises par un biomimétisme parfait.
Et au delà de la réalisation je pense que nous essayons tous de vivre la démarche en nous-mêmes, dans nos vies, dans nos façon de tracer le temps et l’espace de nos relations au monde.

Le biomimétisme compris dans son ensemble, permet donc de se nourrir, de grandir, et l’engagement dans les projets en découle naturellement, car lorsque sa vision du monde change, tout en est affecté. Gageons ici que c’est pour le meilleur.

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